Les symboles dans Harry Potter, Le boa du zoo

Les symboles dans Harry Potter, Le boa du zoo

[ANALYSE]

Les symboles dans Harry Potter, Le boa du zoo

La rencontre entre Harry et le boa constrictor dans le premier opus de la saga n’est pas anodine et porte une dimension symbolique bien singulière ! En effet, la présence d’un serpent dans un récit annonce le début d’une quête initiatique.

Cet animal étant généralement perçu comme une créature fourbe et maléfique (merci à la Genèse), on associe dès lors souvent le serpent comme l’archétype de la ruse. Or la symbolique du serpent est en réalité plus profonde que ce qu’elle semble être ! Le serpent symbolise également l’éveil de la conscience. La rencontre de Harry avec le boa au zoo invite le héros à s’éveiller à une nouvelle conscience dans le but d’accéder à un état de pleine-conscience métaphysique.

Tout d’abord, l’échange entre Harry et le boa interroge le lecteur sur la notion d’origine par cette simple question que l’enfant adresse à l’animal, « D’où tu viens ? », à laquelle l’auteur appose deux réponses qui reflètent deux états opposés d’une même réalité, l’un physique et l’autre métaphysique. En effet, dans le roman, le serpent provient à l’origine du Brésil. Cependant, celui-ci est né en ménagerie. Aussi, cette dualité interroge le lecteur sur la notion d’origine. La question « Sommes-nous originaire du lieu où nous naissons, ou bien du lieu où notre espèce vit le jour ? » peut être reformulée « Sommes-nous qui nous sommes par naissance, ou sommes-nous habités d’une essence qui nous précède ? »

Mais cette scène d’interaction entre Harry et le boa renvoie également à l’allégorie de la caverne exposée par Platon. Celle-ci met en scène des hommes enchaînés et immobilisés dans une demeure souterraine et obscure, par opposition au monde extérieur, le monde lumineux des idées. Ces hommes tournent le dos à l’entrée de la caverne et ne voient (et n’ont toujours vu) que les ombres projetées d’objets présents au loin derrière eux, si bien qu’ils s’imaginent apercevoir la réalité vraie. Le philosophe serait l’homme qui parvient à questionner le monde sensible et à se libérer de ses entraves pour rejoindre le monde intelligible par l’éducation de la pensée. Cette allégorie met ainsi en lumière les conditions d’accession de l’homme à la connaissance du bien, au sens métaphysique du terme, ainsi que de la transmission de cette connaissance.

J.K. Rowling fait pareil en comparant la caverne de Platon avec les vivariums du zoo où est enfermé le serpent. En effet, la cage maintenant le serpent en captivité est faite de verre, soit, une matière transparente, telles les illusions qui nous enferment dans une réalité aliénante. Or, la vitre disparaît comme par magie, par la simple force de l’esprit. Cela sous-entend que les chaînes emprisonnant l’homme dans l’ignorance ne sont qu’illusions. Ainsi, c’est grâce à son mental que l’homme peut s’en délivrer, et serpenter comme le boa vers une liberté : la liberté de savoir et de connaissance. En libérant le serpent de sa cage, Harry s’affranchit métaphoriquement des préconceptions que lui imposent les Dursley comme autant de chaînes le maintenant dans le monde moldu qu’ils qualifient de normal, en opposition au monde intelligible et décadent de la magie.

Mais Harry apprendra plus tard que les Dursley connaissaient l’existence du monde magique, mais préféraient l’ignorer. Les Dursley dissimulent la vérité à Harry et le maintiennent volontairement dans l’ignorance de sa nature. Heureusement, Harry se libère de sa caverne intérieure et cette émancipation commence dès son échange avec le boa.

Un processus d’identification est enclenché entre le boa prisonnier dans sa cage et Harry enfermé dans son placard sous l’escalier. Harry voit en la condition d’enfermement de l’animal une transposition de sa propre condition, lui aussi enfermé dans le placard sous l’escalier du 4 Privet Drive de l’indifférence (illustration de la volonté des Dursley d’empêcher Harry de gravir les marches de son émancipation intellectuelle et spirituelle).

Harry effectue un transfert freudien, transposant son état émotionnel sur l’animal. Ainsi, en libérant le serpent, il se libère lui-même, quittant métaphoriquement la caverne de Platon. La disparition de la vitre, comme par magie, révèle l’imposture du monde des apparences, celui des Moldus. L’interaction entre Harry et le boa du zoo est l’élément catalyseur de cette émancipation. L’image du serpent éveille Harry à ce qu’il est réellement : Un sorcier.

Et comme nous allons le voir dans la suite de la saga, le rôle du serpent ne s’arrête pas là.

PS : Vous avez remarqué que dans le film, le boa du zoo fait un clin d’œil à notre héros ? 😉 Bonne idée du réalisateur, mais… attends un peu… Les serpents n’ont pas de paupières ^^,

Mais bon ! Disons que… c’est magique 😉

Lyna & Moony, de La Plume de Poudlard

Vidéo : Lumos pour un Moldu, HARRY POTTER – Guide symbolique à l’usage des Moldus #11 – Le Boa du zoo, Youtube, 2020.

Texte de la vidéo : Bieck Jean Pierre Quentin, Harry Potter et le secret des alchimistes, L’Atelier d’axe, Paris, 2020.

Lien de la vidéo :

Lien du livre :   https://amzn.to/3mUAvAa

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