L’illustratrice Serena Riglietti répond aux questions de JK Rowling et des fans

L’illustratrice Serena Riglietti répond aux questions de JK Rowling et des fans

[INTERVIEW]

L’illustratrice Serena Riglietti répond aux questions de JK Rowling et des fans 

Le 23 avril 2020, Tiziano Grigioni du média “Portkey”, partageait avec joie et honneur l’interview qu’il a eu la chance de faire de l’illustratrice de la première édition de la saga Harry Potter : Serena Riglietti. 

L’honneur est d’autant plus grand que certaines questions sont des interrogations auxquelles JK Rowling n’avait pas donné de réponses ! Une véritable exclusivité donc !

Tiziano Grigioni a révélé que l’illustratrice était une personne très disponible et facile à vivre. Elle leur a d’ailleurs ouvert virtuellement les portes de son studio de dessin. 

Grigioni lui a tout d’abord demandé à laquelle des sept couvertures Serena Riglietti était le plus attachée, et pourquoi. L’artiste a ainsi révélé que sa couverture préférée était la celle du 5ème livre, car elle l’a terminé le jour de la naissance de son fils Francesco. 

L’Italienne raconte ensuite les événements qui ont influencé le design de cette couverture. Le 1 septembre 2003, alors qu’il faisait très chaud, l’illustratrice mangeait un repas de poisson sur la plage avec des sauveteurs, pour terminer la saison et se dire au revoir. Elle se rendit sur le rivage pour mettre les pieds dans l’eau, c’est alors qu’elle sentit quelque chose toucher ses pieds. Une vague avait déposé à ses pieds une petite figurine en plastique, comme celles représentant l’enfant Jésus dans les crèches de Noël. L’auteur et ses amis prirent cela pour un signe que son enfant allait arriver bientôt. Le travail sur la couverture était presque terminé, mais cette soirée l’a fait réfléchir sur le fait que la naissance d’un enfant coïncide avec la renaissance d’une personne. Et cette réflexion l’a conduite à ajouter la phrase qui se cache derrière Harry, sur la couverture : «  Refecta mea vivo mortis  » et qui veut dire “Je revis ma propre mort”. Certaines lettres sont cachées, comme pour donner l’impression que la phrase sur la couverture s’étend hors du livre.

L’illustration était terminée ;  elle l’a rangée puis, elle a téléphoné pour être emmenée à l’hôpital. C’est donc à la maternité que l’éditeur est venu chercher le précieux dessin. 

L’artiste a réalisé la couverture du tome 5, mais également des 4 premiers romans. Tiziano Grigioni  lui a demandé quel livre elle avait le plus aimé reproduire. 

Et pour Serena, c’est le 1er livre, car elle avait beaucoup plus de libertés, et beaucoup plus de temps pour le faire. 

Elle explique aussi que c’est la contrainte de temps, et également car les lecteurs grandissaient en même temps que le livre, qui a fait que la maison d’éditions et elle ont décidé d’arrêter des illustrations internes.
Elle se souvient d’ailleurs avoir dû faire les illustrations pour Harry Potter et la Coupe de Feu sans même avoir pu lire le manuscrit, seulement avec quelques lignes du synopsis. 

L’un de ses moments préférés, dans le 1er tome, est celui où Harry voit sa famille dans le miroir du Rised. Elle a trouvé cet instant particulièrement émouvant. Et l’illustration de ce livre qu’elle préfère est la rencontre entre Dumbledore et McGonagall au tout début du récit. Elle aime également Dudley avec sa queue en tire-bouchon. 

Mais finalement, elle ajoute qu’elle a tout aimé dessiner dans ce premier livre, car elle travaillait sans anxiété et avec beaucoup de liberté créative. 

L’intervieweur revient sur les illustrations internes et demande à Serena Riglietti ce qu’elle a pensé du fait que pour la réimpression du vingtième anniversaire de la publication italienne, les dessins internes ont été supprimés, malgré que l’artiste ait  re-proposé de les y insérer. 

Serena répond qu’elle a reçu le paquet de livres, qui se trouve au sommet de sa bibliothèque, toujours fermé. Elle a au cours des vingts dernières années  » bouleversé le monde  » d’une certaine façon, et obtenu assez de satisfaction personnelle, pour que cette décision ne la touche pas réellement. 

Cela fait plus de 20 ans que la saga Harry Potter est sortie, et cela correspond également aux débuts de Serena Riglietti en tant qu’ illustratrice pour livres d’enfants, reprend Tiziano Grigioni. Il lui demande comment son approche d’illustratrice a évolué au cours du temps. 

Celle-ci a publié environ 80 livres, dans des maisons d’éditions du monde entier. Elle a travaillé sur une série très célèbre pour Usborne, avec Simon & Shustet ou encore avec Grimm press. Chacun des projets a été important pour elle et a marqué sa vie. Alors quand elle repense qu’elle a conçu les illustrations de la saga la plus célèbre au monde, elle pourrait se demander que faire encore. Mais pour elle, son travail est sa vie, et elle aime ce qu’elle fait, mais elle estime que la vie est trop courte pour ne faire qu’une seule chose. Ainsi, maintenant elle édite des guides touristiques dédiés aux enfants, elle enseigne  à l’Académie des Beaux-Arts d’Urbino et travaille sur des d’illustrations quand ce sont des projets qu’elle aime particulièrement. Elle expose également (Italie, Washington, Cologne…). Ainsi Serena Riglietti ne se définit pas par le fait d’être  » le designer italien de Harry Potter  ».

Le journaliste lui demande ensuite comment son approche des illustrations de la saga a évolué, sachant que le 1er livre sur lequel elle a travaillé était totalement inconnu et est finalement devenu un phénomène mondial. 

La dessinatrice répond que comme pour tout phénomène, tout le monde souhaite savoir ce qu’il se passe derrière. Il y a beaucoup de choses personnelles, mais c’est avant tout un travail d’illustration, pour un livre. L’illustratrice a révélé avoir été surprise par les commentaires, non seulement pour ce qui s’y disait, mais aussi car certains auraient voulu réaliser les illustrations. 

Celle-ci comprend que toute une génération s’est identifiée au sorcier et que certains considèrent ce personnage comme le leur, mais elle trouve que certains exagèrent. Après la sortie du film, beaucoup ont relevé des incohérences avec les dessins de l’Italienne. De même,  en vieillissant, beaucoup ont trouvé à redire sur les dessins de l’artiste, mais elle ne s’est jamais souciée de ces commentaires. Pour elle, il est évident que quand on travaille sur un phénomène de telle envergure, cela ne plaise pas à tout le monde. Ces gens cherchent le petit détail, la petite erreur, etc. Elle dit avoir par ailleurs reçu des courriels avec des questions absurdes, auxquels elle n’est même pas sûre d’avoir répondu. 

Le journaliste revient sur le fait que le premier Harry Potter créé par l’Italienne n’avait ni cicatrice ni lunettes, et peu de gens le savent. 

Serena Riglietti raconte que lorsqu’on lui a demandé de travailler sur le 1er tome, elle était en vacances en Sicile. Un mois avant, elle s’était rendue chez les éditeurs Salani à Milan, où elle avait montré ses dessins. Quelques jours après, ils l’avaient rappelée pour lui demander d’illustrer un livre qui allait sûrement devenir célèbre. Ils lui ont donné quelques indications assez brèves pour qu’elle commence à travailler dessus en attendant l’annonce de la sortie. La traduction du livre n’était pas encore terminée. Elle savait que Harry était un garçon, sans parents, qui vivait avec son oncle et sa tante, et qu’un géant viendrait plus tard pour l’accompagner dans une école de magie où il trouverait enfin sa place, et laisserait derrière son enfance malheureuse.

Le premier tableau qu’elle en a fait, est un garçon roux, sans lunettes ni cicatrice, sur les épaules d’un géant. S’il ne ressemble pas à ce que l’on s’imagine de Harry Potter, c’est le dessin qui a fait qu’elle a été choisie par les éditeurs. Pour Luigi Spagnol, même si ce dessin ne correspondait pas car le géant était trop grand, le garçon roux, sans lunettes ni cicatrice, il était également parfait. 

Quand l’illustratrice a appris que JK Rowling voulait que chaque pays ait son propre illustrateur, celle-ci a pensé que c’était un choix très intelligent, car les artistes traduisent également leur propre culture. Ainsi, Serena Riglietti qui est née à Milan, habite à Pesaro, formée à Urbino, berceau de la Renaissance Italienne, a été choisie pour traduire sa propre culture dans l’illustration de la saga. 

Enfin, la toute première couverture, où l’on voit Harry, roux, sans lunettes, sans cicatrice, qui joue aux échecs à côté d’une souris est désormais une pièce de collection.

Et d’ailleurs, JK Rowling s’est posée récemment une question sur cette couverture, ajoute Tiziano Grigioni : Pourquoi Harry joue-t-il aux échecs avec une souris et pourquoi porte-t-il ce chapeau ? L’illustratrice a rectifié en répondant que Harry ne joue pas avec une souris, mais à côté d’une souris. Métaphoriquement, le fait de jouer aux échecs est utilisé pour parler de quelqu’un qui joue son destin en utilisant l’intelligence, a-t-elle ajouté. 

Cette couverture elle l’a conçue sans avoir lu le livre, juste en sachant que Harry était un enfant dans une école de magie, qui devrait faire face à toute une série d’épreuves, jusqu’à même mettre sa vie en jeu. De plus, les enfants de cette école pouvaient apporter avec eux une souris ou un hibou.

Enfin, concernant le chapeau, la raison est propre à l’artiste : Harry à un chapeau de souris car c’est l’une des caractéristiques de son travail. Elle aime mettre des chapeaux étranges sur la tête de ses personnages. L’illustratrice ajoute qu’elle-même aimerait avoir des chapeaux fous, car dans ce monde, il est si difficile de se faire remarquer. Et puis, si les gens le demandent encore 20 ans après, c’est que l’effet a fonctionné. 

Le journaliste remercie encore une fois Serena Riglietti pour sa gentillesse, sa disponibilité et ses réponses aux questions, qui, il espère, auront satisfait les fans. 

Et vous, que pensez-vous des différentes couvertures, et quelle est votre préférée ? 

Crédit: Maelle Plumette de La Plume de Poudlard 

Source : portkey : https://bit.ly/2VT9S2M 

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